Alice Amoroso expose au Studiolo de Moret

Galerie Le Studiolo d'Harold Giroux
ALICE AMOROSO ET "LE COMBAT DES ÂMES"

Alice Amoroso expose au Studiolo de Moret

L'artiste Alice Amoroso est présente à Moret avec deux expositions, l'une à la galerie le Studiolo et l'autre à la galerie d'Arts XV-21.

Photos :
P. Songeux

C'est la septième exposition du Studiolo, après le sombre printemps que nous venons de connaître. Le combat des âmes est le deuxième volet d’un dyptique inspiré, en partie, par la condition faite aux migrants. Mark Russel avait exposé ses tapisseries au printemps, c’est au tour d’Alice Amoroso (toute jeune artiste inscrite aux Arts décos) de présenter son travail de gravure pour l’essentiel (augmenté de quelques émaux et vitraux).
En bonus, le Studiolo présente un retable, œuvre à quatre mains d’Alice Amoroso et Agnès Dubart qui avait présenté son travail l’an dernier.
Alice Amoroso fait un état des lieux de la condition des réfugiés. Pour eux, l'enfer  est sur la terre. Virgile écrit dans Enéide : “il est facile de descendre dans l’Enfer, mais revenir sur ses pas, se retrouver libre sous les souffles d’en haut, voila ce qui est l’affaire et qui demande effort”.

Alice Amoroso, Turquie Grèce - De part et d'autre de la frontière

 Turquie Grèce - De part et d'autre de la frontière.

Le combat  des âmes : corps et âmes errant dans la nuit  du monde, souvent  perdus  -ces corps et ces âmes­ ou, à genoux,  comme  les adolescents de Mantes-La-Jolie en octobre  2018... Des Entravés Ensemble  (eau forte et aquatinte) au Contorsion (linogravure)  et dans de nombreuses scènes d'Alice,  il ne manque plus que des phylactères reliant  une bouche à l'autre,  un geste à l'autre... Les gestes disent  la bouche muette,  interdite, de l'exil (intérieur ou extérieur?). Mieux vaut cela qu'une bouche dégurgitant la déréalité  libérale...
John Flaxman  avait étudié  un rilievo de Lorenzo Maitani, artiste du Trecento, vu au Duomo d'Orvieto. Alice aussi. Il y avait une défiance  d'Alice Amoroso à l'égard  de «  La fiction sacrée », dont l'enfant (Alice) détecte les faiblesses et contradictions, sinon un  rejet et un dégoût,  des bas-reliefs ou de la peinture religieuse... Freud l'avait décelé. À partir  d'un détail d'un bas-relief (bassorilievo) du Louvre, un sarcophage  où l'on  voit le corps d'Hector ramené  à Troie, Alice recompose : « Pourquoi ne voir dans un bas-relief qu'un objet archéologique daté ? ». Alice s'est intéressée,  dans ses derniers travaux aux retables et aux polyptyques : « Ils offrent les prémices d'une narration aujourd'hui polymorphe (le reportage,  le documentaire, le témoignage,  l'histoire) et tombée dans la banalité. » « Dans la quête d'un nouveau sens sous une lumière athée, j'ai voulu questionner d'abord l'Enfer, ou plutôt le décalage entre deux Enfers : d'une part, un Enfer fantasmé du Moyen-Âge, décrit comme une punition divine douloureuse mais méritée ; d'autre part, l’Enfer du travail à la mine, aussi terrible qu'omniprésent. »
Dans ces gravures il y a une  proximité contrainte des corps qui demeure sensuelle (Les deux déserteurs qui semblent danser  aussi, linogravure)  rappelant l'effervescence  des tableaux maniéristes...

Alice Amoroso, L'Enfer sous terre, Eau-forte et aquatinte en 15 plaques sur papier

 L'Enfer sous terre, Eau-forte et aquatinte en 15 plaques sur papier

Alice Amoroso, La fuite, eau-forte et aqatinte en 11 plaques sur papier

La fuite, eau-forte et aquatinte en 11 plaques sur papier

L’exposition se déroulera jusqu'au 1er novembre 2020.
Un week-end sur deux de 15 heures à 19 heures, et sur rendez-vous (06 77 55 09 20).

Galerie Le Studiolo
16 rue Grande, 77250 Moret-sur-Loing

 

Alice Amoroso
militante pour un accueil plus digne des réfugiés, travail engagé et humaniste :

« Je suis étudiante à l’Ecole Nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, secteur images imprimés (gravure, sérigraphie). Je me définie comme graveur, je pratique la gravure sur lino et sur cuivre et un peu sur Tetra-Pak, une variante de la technique sur cuivre mais sans les nuances de gris.
J’ai déjà exposé deux fois dans une médiathèque à Fontenay-sous-bois sur le thème des migrants il y a deux et trois ans, en gravure et avec une installation. J’ai exposé aussi à la Fête de l’estampe à Saint-Sulpice.
Au Studiolo, le thème est le « combat des âmes », qui regroupe plusieurs aspects de la lutte, il y a une grande partie de mon travail sur la migration, notamment des gravures sur lino. Cela fait plusieurs années que je produis sur ce thème, car c’est un thème  qui me tient à cœur. J’ai été amenée à aider ma mère qui travaillait dans un centre d’hébergement d’urgence, à plonger malgré moi dans des récits de vies terribles. C’est quelque chose qui est resté en moi et que j’ai besoin de ressortir avec la gravure. Les personnages dans mon travail ont une certaine identité pour moi que j’essaye de transmettre. »

Alice Amoroso, Une guerre sans fin
Alice Amoroso, Déserteurs
Alice Amoroso, Entassement. Linogravure sur papier
Alice Amoroso, Femme à l'enfant, vitrail en Tiffany
Alice Amoroso, collaboration avec Asal Beygloo, Petite fille afghane. Email en champlevé sur cuivre, dans un cadre en bois chantourné.
Alice Amoroso, collaboration avec Agnès Dubart, Polyptique apocalyptique, eau-forte et aquatinte en trois plaques
Alice Amoroso expose “Le Combat des âmes” à Moret

Post navigation