Andrée Grammatico et Lou Goineau à l'Espace Regards

LOU GOINEAU
et son exposition : "La fonte des neiges"

Andrée Grammatico et Lou Goineau à l'Espace Regards

L'espace Regards accueille l'exposition photographique de Lou Goineau.

Photos : P. Songeux

L'espace Regards d'Andrée Grammatico met en lumière le travail de Lou Goineau à travers l'exposition "La fonte des neiges".
La nature est une histoire dans laquelle Lou Goineau a voulu s'immiscer. Elle y pénètre en marchant, en méditant, en photographiant. « La fonte des neiges », comme un corps à corps sensible, rassemble des images d'eau - de l'été, des images de neige – de l'hiver, des images de poésie. A l'inverse de sa quête marcheuse, dans l'espace de l'exposition, Lou Goineau propose au spectateur, la position assise, statique, conviviale, autour d'une table, pour découvrir ses images.
Lou Goineau pratique la photographie depuis les années 80. Le début de son travail est marqué par son attrait pour l'image cinématographique, l'image dans la durée et non dans l'instant. Ses premiers travaux ont privilégié des mises en scène de personnes dans des postures banales de la vie, teintées toutefois d'irréalité, de rêve et de mystère. Ses recherches se poursuivent en questionnant le rapport entre le « lu » et le « vu ».
Lou Goineau exerce le métier de psychanalyste, écrit de la poésie prosaïque et anime des ateliers d'écriture.

Lou Goineau :
Evolution de mon travail photographique depuis les années 1980
"
Mes premières mettaient en scène des personnes dans des situations ordinaires avec un décalage qui produisait un soupçon d’irréalité.
Ces mises en scènes ont pu devenir minimales, comme par exemple le micro-incident de la chute d’un vêtement d’une fenêtre d’un immeuble.
Je me suis aussi intéressée aux « bougés » (par exemple, le portrait d’un visage immobile et net, sauf les lèvres rendues floues par le mouvement de la parole).
J’ai fait par ailleurs un travail sur le rapport entre lu et vu, avec des photographies de textes qui décrivaient des lieux cachés en grande partie par les feuilles de papier où les énoncés étaient inscrits.
Par la suite, mon travail photographique a évolué sous l’influence de la méditation que j’ai commencé à pratiquer intensivement.
Mon rapport à la nature s’est transformé et je me suis tournée vers ce qu’on appelle « le paysage ».
A l’occasion, j’inclus des personnes dans ces espaces naturels, toujours avec un goût pour un décalage, pour un ordinaire glissant vers un léger onirisme invisible, la sensation de micro-événement que peut procurer un photogramme de film.
Une sensation plus apparentée à la durée cinématographique qu’à l’instant photographique."

La fonte des neiges
"Le titre évoque le passage d’une saison à l’autre, les transmutations d’un élément, en même temps que le réchauffement climatique."

Le dispositif de l’exposition
"Une salle au rez-de-chaussée consacrée à des photographies « d’eaux » prises en été.
Une salle au sous-sol consacrée à des photographies de «neige » prises en hiver.
Dans chaque salle : 4 tirages 60x90 sur Dibond sur les murs. Dans un coin de la pièce, quelques sièges autour d’une table où sont placés une douzaine de tirages 42x28 à la disposition des visiteurs. Dans la pièce du sous-sol un poème imprimé sur des feuilles de rhodoïd se mêle aux photographies de neige sur la table.
Les photographies peuvent donc être vues dans le repos de la position assise, les petits formats entre les mains et les grands formats plus loin, avec de possibles échanges entre visiteurs, dans une forme de convivialité familière."

Le paysage comme espace de désappropriation de l’humain
"Mes photographies sont prises dans des lieux très sauvages, souvent en altitude, qui ne sont le territoire de personne et où les humains ne sont que de passage.
On peut y éprouver un soulagement d’avoir quitté la pesanteur sociale, une émotion à se laisser faire par plus grand et plus durable que soi.
Cette rencontre se fait dans la solitude de l’épreuve corporelle de la marche, la sueur et la répétition des pas, l’exaltation des sens et la fatigue.
Les moments de présence à ce qui s’offre au regard et les moments de distraction, d’absence, alternent, dans un processus non sans rapports avec l’expérience de la méditation.
J’y retrouve le notions théorisées en Extrême Orient sur l’expérience de voir et regarder : d’abord on voit, puis on regarde, puis on voit. On voit une montagne, on regarde une montagne, puis la montagne est  -  le « voir »a muté.
Il y a un cheminement qui commence avec le « voir », le premier contact avec la surface des choses. Ensuite vient « regarder » qui analyse et objective ce qui est vu. Puis, si l’emprise du regard se desserre, ce qui est là s’offre à voir sur une autre mode.
Ce mode est plus près de ce qu’on pourrait éprouver comme « réel », dégagé de l’identification de la montagne comme référée à l’idée codifiée de montagne, au-delà de la représentation/figuration.
Mes photographies témoignent de ces instants où l’on s’oublie, de ces moments de rencontre où le regard objectivant se subjective, où soi et la montagne « sont ». Le regardeur devient plaque sensible.
Elles sont les manifestes d’états mentaux – « Votre âme est un paysage choisi… » écrivait Verlaine."

Les conséquences sur le plan formel
"Une fois devenue plaque sensible, ce qui est conventionnellement  second peut devenir premier à mes yeux. La hiérarchie ordinaire entre le premier plan et l’arrière plan, entre les points focaux, le proche et le lointain, s’évanouit. Le regard peut se mouvoir dans l’image sans assignation.
Cela fait basculer le sens ordinaire des perspectives, désorienter la conviction du haut et du bas, du centre et des côtés, perdre pied.
J’ai ainsi photographié la matière informe de l’eau comme élément premier, ses entours (rochet, végétation) agissant comme contre-points, et non l’inverse.
Lumières et matières trouvent une expression autre par leurs interactions, l’eau se faisant minérale, la lumière atteignant une sorte de matérialité.
Un point peut ressortir comme un petit événement coloré dans des ensembles aux tonalités tirant discrètement vers un monochrome minimal. Une certaine abstraction peut se produire sans pour autant être l’objectif de ces photographies."

Lou Goineau, Torrent du Gâ.
Lou Goineau, Réou d'Arsine.
Lou Goineau, ravin de Chai Vachère
Lou Goineau, Plaquejoue.
Lou Goineau, L'Arc, en aval du hameau de l'Ecot
Lou Goineau, Lac de Puy Vachier

 

Venez à la rencontre du travail de Lou Goineau, exposition jusqu' au 28 mars 2021. 13-14, 20-21, 27-28, mars De 14h à 19h et sur rendez-vous.

Espace Regards
12 rue du Donjon
77250 Moret sur Loing
06 25 62 12 64 / 01 60 70 98 47 77
regards@gmail.com

Lou Goineau expose à l’Espace Regards

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