François Deysson, Président de l'Association des Maires Ruraux de Seine-et-Marne.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'ASSOCIATION DES MAIRES RURAUX DE SEINE-ET-MARNE

François Deysson, Président de l'Association des Maires Ruraux de Seine-et-Marne.

M. François Deysson, Président de l'AMR 77, lors de l'assemblée générale du 3 décembre au SDESM à La Rochette.

Photos :
P. Songeux

L‘association des maires Ruraux de Seine-et-Marne créée en décembre 2009 à l’initiative de Jacques Drouhin, maire de Flagy et militant rural convaincu, a tenu son assemblée générale mardi 3 décembre 2019 au SDESM à La Rochette.

Assemblée générale de l'AMR de Seine-et-Marne le 3 décembre 2019 à la Rochette.

Ce réseau associatif a pour but de résoudre en collégialité  les multiples problématiques rencontrées par chacun  lors de l’exercice de son mandat. Il s’agit de pallier au manque chronique de moyens constatés dans les communes rurales.
Si les grandes communes peuvent compter sur leurs services, les communes rurales s’appuient sur les conseils de l’AMRF et de l’AMR77. Partager les connaissances, échanger les expériences, mutualiser les conseils, constituent les axes de réflexion privilégiés aboutissant aux solutions.
Après 10 années de bons et loyaux services, Jacques Drouhin a passé la main à François Deysson, maire de Villecerf,  élu le 24 mai 2019. Celui-ci entend poursuivre le travail entrepris par son prédécesseur, désormais président d’honneur, afin de conserver « la pérennité et la vitalité de l’AMR 77.
Après le discours d’accueil de François Deysson qui a repris toutes les problématiques actuelles rencontrées par les maires ruraux (voir discours complet plus bas), Didier Galet,  ancien maire de Savins, a animé cette assemblée générale qui s’est déroulée en trois parties.
En premier lieu, les rapports institutionnels, d’activité, moral et financier.
Ensuite une partie interventions avec des partenaires des maires ruraux. Intervention avec un thème fort sur la santé, de  M. Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau en sa qualité de président de la Fédération Hospitalière de France et Hélène Marie, Directrice de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France qui ont évoqué, avec la représentante de la CPAM Mme Marceau, le plan santé 2022.

« La santé en Seine et Marne … plus grand département d’Ile de France, région la plus riche de France. Ce département se classe à la 98ème place juste devant Mayotte, pour l’accès aux soins ».

A la suite, une deuxième intervention de  la Banque des Territoires par l’intermédiaire de sa Directrice régionale Ile de France Marianne Louradour sur les projets d’investissement et d’Orange par son représentant départemental M. Ribes qui avait à apporter des réponses à certaines interpellations de l’association des maires ruraux de Seine-et-Marne.
La troisième partie était réservée aux discours du représentant de l’AMRF (Association des Maires Ruraux de France)  M. Jorge Bras, du Président du Conseil Départemental M. Septiers et du Secrétaire général M. Le Vély qui suppléait Mme le Préfet.
Pour terminer, François Deysson avant de conclure cette assemblée générale a signé une convention entre l’Association des Maires Ruraux et la Banque des Territoires, engagement pour le développement local de la Seine-et-Marne.

M. François Deysson, Président de l'AMR 77 lors de la signature de la convention pour l'engagement du développement local de la Seine-et-Marne.

 

LES INTERVENANTS

M. Frédéric Valletoux, Maire de Fontainebleau et Président de la Fédération Hospitalière de France.

M. Valletoux, Maire de Fontainebleau et Président de la Fédération Hospitalière de France.

Mme Marie, Directrice de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France avec Mme Marceau la représentante de la CPAM.

Mme Marie, Directrice de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France avec Mme Marceau la représentante de la CPAM.

Mme Louradour Directrice régionale Ile de France de la Banque des Territoires.

Mme Louradour, Directrice régionale Ile de France de la Banque des Territoires.

M. Ribes, représentant départemental d'Orange.

M. Ribes, répresentant départemental d'Orange.

M. Jorge Bras, représentant de l'AMRF.

M. Jorge Bras, représentant de l'AMRF.

M. Le Vély, Secrétaire général de la Préfecture de Seine-et-Marne.

M. Le Vély, Secrétaire général de la Préfecture.

M. Septiers, Président du Conseil Départemental.

M. Septiers, Président du Conseil départemental.

Discours d’accueil de M. François Deysson, Président de l’Association des Maires Ruraux de Seine-et-Marne :
« 
C’est avec une grande émotion que j’ouvre cette nouvelle assemblée générale de l’association des maires ruraux de Seine et Marne, dernière A.G de ce mandat.
Reprendre le flambeau de Jacques Drouhin, créateur et premier président de notre association n’est pas chose simple. Je le mesure, chaque jour, tant son travail et son engagement ont été importants. Merci à toi mon cher Jacques !
Rassurez-vous, je suis soutenu par l’implication des membres du bureau que je salue tous sincèrement et par l’actualité qui m’a mis immédiatement en selle.
Les redéploiements des services publics pour ne citer que ceux des commissariats du Sud 77 et des D.D.F.I.P, un problème d’écrêtement malheureux de subventions à Chevry en Sereine et Montmachoux exigeaient des réactions immédiates.
Notre mobilisation puissante et unitaire à Montereau et Melun a porté ses fruits.
Une circonscription de police Montereau/Moret va être créée et les commissariats afférents seront renforcés par une brigade Stups plus étoffée.
Le suivi, entre autres, de la Loi Engagement et Proximité, l’agenda rural, le statut de l’élu, le retour des enveloppes après élection, merci Madame le Préfet, ont fait le reste et nous ont mobilisés, comme vous, afin de faire reconnaître par le gouvernement et les parlementaires les besoins et propositions des praticiens, des laboureurs fin connaisseurs du terrain que vous êtes.
De fins connaisseurs du terrain. Oui c’est ce que vous êtes ! Aujourd’hui, au soir de ce mandat, chacun peut constater que vous avez démontré votre rôle essentiel pour défendre les services publics et votre sens de l’intérêt général malgré un contexte très lourd, faut-il rappeler la mort de notre collègue Jean-Mathieu Michel, mort en mission le lundi 5 août dernier, faut-il faire encore mention des irritants qui nous plombent ?
Vous l’avez fait, durant six années, avec vos équipes, en innovant, en sachant vous adapter, en montant vos dossiers, bref en mettant à profit votre expertise réelle de la médiation pour ramener le calme autour d’une haie ou dans une cour commune.
Durant six années, vous avez rappelé, jour après jour, le rôle essentiel des maires et, de facto, des corps intermédiaires. Qui mieux que vous était réellement en situation de tracer de nouvelles perspectives pour la ruralité ? Qui mieux que vous savait,  dans sa chair, que nos villages étaient synonymes de dynamisme et d’inventivité ?
Et pourtant …  si au début de ce mandat, nous n’avons pas été considérés comme des forces vives, il faut bien reconnaître que l’affaire dite des ‘’gilets jaunes’’ a remis certaines pendules à l’heure. Lorsque le Président de la République a enfin compris l’urgence de retisser des liens avec les territoires, l’AMRF, comme l’Association Nationale Nouvelle Ruralité, ont répondu immédiatement ‘’présent’’. Nous avons alors pu démontrer notre expertise et mus par le seul sens de l’intérêt général qui vous anime nous nous sommes mis au travail avec d’autres pour aboutir à un ensemble de 200 propositions remises à Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales.
Sur ces 200 propositions, seules 173 ont été retenues pour étude, 173 ferments utiles à la fécondation d’un nouveau pacte républicain et défendant une vision dynamique de nos territoires.
Cet écrémage relève, accordons-le, de choix politiques que nous sommes nous-même conduits à faire au sein de nos assemblées. Permettez-moi, néanmoins, de souligner qu’elles ont encore été notoirement amoindries lors du passage dans les deux chambres.
Car force est de constater que le compte n’y est pas ! Quid de l’ambition qui s’est notamment exprimée dans le cadre de la manifestation Ruralisons, le 4 juin dernier ?
Le texte voté par les députés nous laisse un goût amer …  N’était-il pourtant pas temps de revaloriser réellement le statut de l’élu, de revisiter, plus avant, les compétences du bloc communal  et de l’EPCI ?
Les parlementaires connaissent-ils tous la réalité de la gestion de nos communes rurales dépourvues de DGS. Regardons-nous … Que les retraités lèvent la main … Pourquoi sommes-nous si nombreux ?
Les actifs hésitent à siéger autour de la table du Conseil. L’exemple de la maire de Yèbles est édifiant. Combien d’actifs sont en situation de s’engager aujourd’hui pour passer 6 années à la tête d’un exécutif communal sachant qu’ils seront placés entre le marteau d’administrés plus qu’exigeants et l’enclume d’un État pesant sur les moyens sans alléger les contraintes ?
Pour changer les choses et permettre un renouvellement dynamique par une entrée des jeunes générations, le gouvernement avait un boulevard. Il lui suffisait de prendre à sa charge l’augmentation des indemnités, outil indispensable pour permettre à de jeunes actifs d’accéder aux fonctions de maire ou d’adjoint.
En effet, les élus de communes rurales dépourvues de DGS sont particulièrement légitimes lorsqu’ils exigent une revalorisation de leur régime indemnitaire prise en charge intégralement par l’Etat. Est-il nécessaire de rappeler encore la nécessité  de prendre en considération la « double casquette » du maire, chef de l’exécutif de la commune et représentant de l’État. Il y a peu de temps, le ministre Olivier Dussopt, lorsqu’il était président de l’Association des petites villes de France, défendait, au mot près, cette position. Aurait-il perdu la mémoire ?
L’État doit donc assumer l’augmentation des indemnités, en particulier dans les communes de moins de 1500 habitants et cela sans botter en touche sur les départements ou les régions ... Doit-on déshabiller Paul pour habiller Jacques ?  Doit-on réduire les dotations aux départements et Régions au profit des communes, ce qui reviendrait invariablement à réduire nos subventions ?
Toujours est-il qu’en l’état actuel, si les conseils de petites communes devaient voter une augmentation du maire, cela se ferait au détriment de l’école, de la cantine, des voiries et de la culture … Ils ne le feront donc pas ! Perlimpinpin ou pas, on est dans de la poudre aux yeux !
Je n’évoquerai pas la suppression de la taxe d’habitation, cet outil qui permettait aux élus de faire preuve de pédagogie lorsqu’il s’agissait d’expliquer pourquoi on ne pouvait pas tout faire sans augmenter les impôts … Je n’évoquerai pas plus le fait qu’elle soit compensée, à l’euro près, sur les bases de 2017 … Je n’évoquerai pas non plus le fait que les conseils n’auront pas la main sur le choix ou non de voter l’indemnité de conseil aux trésoriers. Au-delà du fait que cette indemnité sera prélevée sur nos dotations, ce mauvais signal s’ajoute au fait que via la restructuration des DDFIP, le conseiller EPCI n’aura plus la main sur nos budgets.
Je préfère prendre un autre exemple, chez nous, en Seine et Marne. Le transfert des compétences eau et assainissement à l’EPCI va conduire les habitants de Champeaux à payer leur eau 11 € le m3, alors que leurs élus, de par leur gestion exemplaire de l’eau, en proximité avaient réalisé une rénovation exemplaire de leur réseau d’eau potable ! Inadmissible ? Non … scandaleux !
Rien ne vaut pourtant la gestion en proximité dans notre société agitée et fracturée. Le président Macron l’a bien compris lorsqu’il s’est appuyé sur les maires pour reprendre langue avec le pays. Sa présence à Epernay, le 14 novembre dernier, ses mots bien sentis lors du 102ème congrès des maires, son salut à Vanik Berberian démontrent que le gouvernement cherche, dans un monde en pleine mutation, à s’appuyer sur les maires.
Mais appuie-t-on sa béquille sur des sables mouvants ? La réalité ne suit pas ! Partout, l’accès aux services publics recule inexorablement (Hôpital, trésor public, commissariat, hôpitaux, Poste…). Il est temps de passer de la parole aux actes.
Chacun sait que les élus devront gérer des situations complexes, rugueuses et, il faut s’y préparer, engager des adaptations au changement climatique via les PAET, GEMAPI ou autre PTRE. Ils seront d’autant mieux à même de le faire si l’État leur accorde, je le répète, les premiers primats : une véritable confiance, les moyens de s’engager en proximité et un statut digne de ce nom.
Ainsi forts de ces 4 outils : Confiance ; engagement ; proximité ; statut rénové de l’élu, nos maires ruraux seront en situation de faire rayonner nos territoires, d’innover, d’inventer de démontrer leurs capacités de dynamisme et de catalyseurs d’intelligence collective.
Car la ruralité n’est pas morte ! Bien au contraire ! Nous ne jouons pas les pleureuses … Et pourquoi le ferions-nous puisque nous avons conscience que la ruralité représente l’espoir de demain ! La campagne reste attractive. Nous constatons un réel renouvellement de la population, des tiers-lieux naissent, des solutions de proximité se font jour pour répondre aux besoins des populations de plus en plus rurbaines souvent prêtes à adhérer à des projets neufs, conviviaux permettant la réduction des mouvements pendulaires. Jorge Bras représentant notre ami Vanik, en parlera plus amplement.
Les communes investissent sur des commerces de proximité pour recréer du lien social, soutiennent l’opération 100 cafés vecteurs de rencontres et de lien social. Les communes défendent et valorisent leur patrimoine rural à l’image des 6 petites communes qui viennent d’être labellisées Village de Caractère ! Membre de cette commission, je les en félicite encore !
Prenons un exemple : La santé en Seine et Marne … plus grand département d’Ile de France, région la plus riche de France. Ce département se classe à la 98ème place juste devant Mayotte, pour l’accès aux soins. Rappelez-vous de ce médecin urgentiste qui nous avait dit, ici, il y a deux ans que le système allait imploser. Nous n’avions pas invité la Pythie, nous avions convoqué le bon sens !
Les annonces du Président MACRON suite aux manifestations des professionnels de la santé semblent aller dans le bon sens et prendre acte de la réalité. Nous suivrons cependant, avec vigilance, la réalité de leur mise en œuvre et veillerons, en proximité, à leur mise en place qui doit se faire en lien avec les élus et les professionnels. Un maillage opérationnel et fonctionnel est attendu par nos habitants du territoire.
Nous écouterons, ainsi, avec attention, Frédéric Valletoux, notre collègue de Fontainebleau en sa qualité de président de la Fédération Hospitalière de France et Hélène Marie, Directrice de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France évoquer, avec la représentante de la CPAM, le plan santé 2022.
Surtout, concrètement, suite au juste abandon du numerus-clausus, nous soutiendrons pleinement les initiatives prises par les maires ruraux et non ruraux qui n’attendent plus et s’organisent, pragmatiquement, pour répondre à l’urgence c’est le cas de le dire : CPTS, assistants médicaux, télémédecine, diabète 2.0, en s’appuyant sur la mise en place rapide de la fibre dans le Département.
Car il s’agit d’une bonne nouvelle, Monsieur le Président du département, une bonne nouvelle qui s’ajoute à la création de l’outil ID77 ! La fibre représente un investissement infiniment utile à même de rendre attractive nombre de nos communes rurales et de répondre, de fait, aux nouveaux besoins des habitants et, de manière vertueuse, à la nécessité de réduire l’impact carbone des déplacements.
Le numérique va faciliter la vie de certains de nos administrés, j’en suis convaincu. L’AMR77 soutient d’ailleurs un projet de Fabrique de territoire, dans le cadre de l’appel à projet initié par Julien DENORMANDIE, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires. Ce projet promeut l’organisation de lieux dédiés à l’accompagnement, au télétravail, à l’accueil d’entrepreneurs. Je suis persuadé, Madame le Préfet, que vous tiendrez à le soutenir également afin qu’il soit acté à Paris et puisse contribuer, localement, à réduire la fracture numérique qui handicape, près de 17% de la population française.
Autre bonne nouvelle, Monsieur le Président du Département et Monsieur le Secrétaire Général, Monsieur le Député THIÉRIOT. Vous avez entendu la demande des maires ruraux de Darvault, Nonville, Villemer, Villecerf et Ville Saint Jacques qui relayaient depuis des dizaines d’années l’interdiction aux trafic PL, hors desserte locale, sur ce tronçon inadapté.
Préférant privilégier le temps dédié aux échanges, je ne serai pas plus long. Merci de votre attention.

Assemblée générale de l’Association des Maires Ruraux de Seine-et-Marne

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