Sculpture d'Anne Itzykson au Salon d'Héricy 2019.

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Sculpture d'Anne Itzykson au Salon d'Héricy 2019.

Pour la deuxième édition du Salon de la sculpture d'Héricy, l'invitée d'honneur était Anne Itzykson.

 

Photos : P. Songeux

Du 25 au 27 janvier, dans la salle de l’Orangerie, Héricy a organisé son deuxième Salon de la sculpture.
Les organisateurs ont su transformer l’espace, pour en faire une magnifique vitrine d’exposition et mettre en lumière les sculptures présentées. Onze artistes s’étaient donné rendez-vous, pour faire partager leurs sensibilités artistiques, dont l’invitée d’honneur Anne Itzykson. De nombreux matériaux représentés, des styles différents, des œuvres qui ne laissaient pas indifférents. Les visiteurs ont été nombreux pour cette deuxième édition qui fut encore une belle réussite. Pour ceux qui ont raté l’événement, un petit aperçu du travail des artistes présents.

Michael Jastram

Sculpture de Michael Jastram.

L’art de Michael Jastram est comme enchanté. Ses sculptures semblent venir d’un autre temps. Elles communiquent avec l’art celte et les légendes grecques. Né à Berlin dans une famille d’artistes, il n’est pas homme à se désintéresser de notre époque. Le fait d’avoir grandi derrière le Mur de Berlin pendant la guerre froide l’a marqué. Il tient tout particulièrement à l’Europe et à l’union de ses peuples dans la paix. Francophile, Michael Jastram a choisi, pour le représenter en France, la galerie ArtFontainebleau qui a organisé sa première exposition personnelle en 2016. En mai 2019, la ville de Fontainebleau accueillera sur la nouvelle place de la République « Europe et le taureau », bronze monumental offert par l’artiste, dont l’original en plâtre est exposé au parlement allemand, à Berlin.

Cécile Lours Blavette

Sculpture de Cécile Lours Blavette

Membre de la Société des Artistes Français depuis 2017, le corps humain est mon sujet favori, avec un intérêt tout particulier pour le mouvement, laissent la part belle l’imaginaire et à la poésie. Différentes récompenses depuis mes premières expositions en 2012, dont une médaille de bronze au salon Art en Capital, en 2014.

Isabelle Carabantes

Sculpture d'Isabelle Carabantes.

Décline la force aux aguets, les ombres lumineuses, l’énergie silencieuse, encore contrainte et bientôt libérée du fauve à l’affut. Puis elle nous invite à la suivre sur une piste où avancent, faux débonnaires, les éléphants, masses aériennes, élégantes, saisies à l’heure tranquille où il est temps de boire. Son monde accroche une lumière sombre, celle d’un monde allégorique sauvage et menacé : le nôtre.

Serge Léveillé

Sculpture de Serge Léveillé.

Autodidacte il sculpte le bois depuis peu, avec passion et amour. Il a mille idées en tête et envie de créer toutes sortes de pièces en bois sculpté.
Sur ce salon, Serge Léveillé a reçu la médaille de l’Assemblée Nationale des mains de la députée de Seine-et-Marne Valérie Lacroute, pour  avoir remporté le prix des enfants (ces derniers ont voté pour leur sculpture préférée).

Prix du vote des enfants 2019 pour Serge Léveillé, qui reçoit la médaille de l'Assemblée Nationale des mains de Sylvie Monchecourt, Conseillère Régionale d'Ile-de-France.


Chantal Bir

Sculptures de Chantal Bir, sur fond de toiles.

Artiste peintre et sculpteur, autodidacte, elle utilise différentes techniques et matériaux. Les corps se drapent et s’enroulent dans des tissus peints comme mes toiles, de plus en plus colorées. Couche par couche elle travaille la patine en glacis sur les corps. L’aspect est aussi important que la forme dans sa recherche d’harmonie esthétique.
Chantal Bir a été médaille d’or peinture au dernier Salon international de Vittel en 2018, elle est présente actuellement dans une galerie en Corée avec des toiles, bientôt elle sera au Grand Palais à Paris avec une grande toile de 2m sur 140, du 13 au 17 février.

Michel Levy

Sculpture de Michel Lévy.

Invité d’honneur de la première édition du Salon 2018, Michel Levy nous fait l’amitié de présenter trois de ses sculptures emblématiques, non exposées l’an dernier.

Yann Raufaste

Sculptures de Yann Raufaste.

Artiste reconnu pratique les techniques Forges d’Art, fusion, moulage au sable et à la cire perdue. Il utilise des matériaux tels que l’argile, le bois, le métal, le béton et la pierre dans ses modelages et sculptures.

Valentine Vanacore

Sculpture de Valentine Vanacore.

Autodidacte depuis 2006, passionnée, elle aime donner vie à la terre. De son travail est née une collection de « Demoiselles », contemporaines et intemporelles, reconnaissables par leurs silhouettes longilignes.

Monique Bigourdan

Sculpture de Monique Bigourdan.

À chaque sculpture qui se façonne entre ses mains, il se produit une rencontre. Elle l’invite et la laisse prendre sa pose, sa place puis elle raconte son histoire…

Laure Tinseaux

Sculpture de Laure Tinseaux.

Au contact de la terre, elle s’émerveille… Modeler ses petites nanas, trouver la courbure d’une épaule ou le port de tête exprimera leur caractère. La cuisson et sa part de mystère feront le reste. C’est vraiment magique !

 

ANNE ITZYKSON,
l'invitée d’honneur

Anne Itzykson.

Animées d’une fascinante sensibilité de la gaîté et de la tendresse, ses figures poétiques s’inscrivent dans l’intimité, faisant du corps un espace de recherche. Toujours en quête de mouvement et d’expressivité, les sculptures surgissent avec panache pour se propulser vers une nouvelle dimension sociale.

Sculpture d'Anne Itzykson au Salon de la sculpture à Héricy 2019.

Tout est permis pour célébrer la joie, la félicité de l’enfance et de la féminité. Absorbé dans la contemplation de cette sincère plénitude, nous découvrons une palette complexe d’émotions. Car au-delà de l’instant figé, chaque sculpture accède à une présence, une âme qui dévoile les indices d’un caractère. Anne nous immisce dans une quatrième dimension où les sculptures résonnent, nous parlent. Nous discernons le « Fou rire » de quatre femmes assises sur un banc et devinons les mots que le « Petit Malin » ne veut pas entendre en se bouchant le oreilles en riant. Autant de situations vivantes, subtilement vibrantes qui donnent aux figures l’impression d’exister et même de s’exprimer.

Sculptures d'Anne Itzykson.

Dans un autre langage, l’artiste décline des paires de jambes et de pieds de nouveau-nés, une thématique désormais récurrente à la recherche d’expressions sans visage. L’étendue de son geste prolifique rassemble une multitude de sculptures de toutes tailles ; des miniatures, des pièces à plus grande échelle pouvant atteindre le monumental. Un véritable répertoire de formes où l’ordonnancement des gestes fait sens dans un espace de dialogue inattendu. Agencés ensemble, les jeux de jambes semblent se chahuter, se répondre, s'inspirer.

Sculptures Anne Itzykson.

En recherche constante d’un moyen de renouveau, l’artiste se consacre plus récemment à des sujets de société. Elle expose en ce sens des pièces en bronze représentent l’engrenage de la vie. Un homme part pressé au travail à vive allure son enfant dans la poussette. Entraîné dans une course effrénée, il écrase le fil de la vie qui se noue, porté en équilibre par une roue gigantesque en résine colorée. C’est le rouage d’une horloge, l’engrenage du temps qui défile. Anne inclut toujours le mouvement dans ses sculptures mais avec cette série, la trajectoire des corps s’amplifie.
Dans le même esprit, « La toile » évoque l’ouverture de l’information et l’attirance magnétique des plus jeunes vers les écrans. Des enfants sont hypnotisés par une toile d’araignée dont l’épicentre est symbolisé par un arobase.
Ces nouveaux paysages narratifs offrent un regard sur l’état d’une situation contemporaine avec un petit décalage entre les attitudes qui se déploient et ce qu’elles nous racontent. Elles ont toutes une histoire et chacune d’entre elles renferme quelque chose, une anecdote, une expression inédite, un secret que le l’on décrypte aux confins de l’intime. Ce glissement entre forme et sens invite à l’interprétation du spectateur et vise son sourire. Les figures toujours délicates nous plongent dans un univers où l’équilibre physique devient polysémique.
De l’œuvre académique à la création moins normative, l’artiste ne délaisse pas son procédé technique parfaitement maîtrisé et sa matière de prédilection : la terre.

Sculptures d'Anne Itzykson au Salon d'Héricy 2019.

« La terre est un outil de création pure tellement proche de la chair humaine » explique l’artiste.
Anne travaille des matières multiples ; le bronze, le marbre et dernièrement en résine plexiglas teinté dans la masse pour évoluer vers la couleur et la transparence. Elle fait également dialoguer les matières en combinant le bronze avec le verre soufflé par les grands maîtres verriers de Murano.

Sculpture d'Anne Itzykson.

La série Youpi met en scène une petite fille en bronze bondissant sur un gros ballon de gymnastique en verre soufflé. Entre force et fragilité, sous une tension atypique, les deux matières s’imbriquent avec une improbable ingéniosité, comme les deux faces d’une même réalité. Ces sculptures coercitives se déploient comme autant de formes vives selon une paradoxale visibilité, une véritable énigme de la création.
C’est dans cette nouvelle gravité de la composition, dans l’écart des matières et des répertoires, taillé par la pertinence et l’originalité d’un vocabulaire plastique que se situe l’essence de l’œuvre d’Anne Itzykson.

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