Mark Russel expose au Studiolo de Moret.

Moret-sur-Loing :
MARK RUSSEL EXPOSE SES TAPISSERIES AU STUDIOLO

Mark Russel expose au Studiolo de Moret.

Mark Russel a juste eu le temps de présenter ses tapisseries au Studiolo le samedi 14 mars, avant d'être rattrapé par le coronavirus et la fermeture des lieux de rassemblement.

Photos :
P. Songeux

Deux artistes devaient exposer en ce printemps 2020 au Studiolo : Mark  Russel et Alice Amoroso. Mais le propriétaire du Studiolo a été contraint de fermer des portes, coronavirus oblige. L'exposition de Mark Russel "Tisser le lien" court jusqu'au 26 avril 2020, espérons que la pandémie nous oublie d'ici là.
Les deux artistes illustrent par la tapisserie et la gravure les conditions d'accueil et d'existence faites aux migrants.
Samedi 14 mars,  Mark  Russel lors du vernissage de son exposition présenta ses tapisseries.
Rappelons que la technique de la tapisserie  est très ancienne, elle remonterait à 1450 av. J. C.. La tapisserie  est au service de l'évolution de la peinture disait-on  à la Manufacture des Gobelins : des cartons furent demandés à François  Boucher,  Maurice  Denis,  Odilon Redon, etc..
Mark Russel éprouve  de l'empathie à l'égard  des peuples  lointains ou de nulle  part,  ceux d'Afrique ou d'Orient, les roms, les homeless du métro  new-yorkais... Il trouve son  carton dans  le détail  d'une peinture, d'une photographie ou d'une affiche qu'il  va transposer... Artiste-lissier (haute lisse) puisqu'il réalise lui-même  la tapisserie qui s'apparente à un patchwork mêlant plusieurs matériaux : coton,  laine, synthétique, rayonne, lin, voire vêtements déchirés... Devant  son  métier  à tisser, M. R. est un  street artiste  en intérieur, par ses motifs et leur traitement. De ses vives couleurs sourd  un cri faisant  écho à celui des peintures murales.

Mark Russel :
"A la base, je n’ai pas de formation artistique, le déclic s’est fait en consultant un article de la revue “100 Idées” concernant la lirette (technique ancienne qui consiste à tisser des lanières de coton, des draps teints et des vieilles chemises). J’ai acheté un métier à tisser, que je n’ai jamais utilisé, en revanche je suis allé en cours du soir pendant trois ans, j’ai fait des échantillons tout en continuant mon activité principale. Puis je me suis lancé dans la tapisserie en fréquentant l’ADAC, maintenant appelé les Ateliers de Paris, et pour la première fois je suis allé en atelier, où l’on m’a dit que pour faire une tapisserie, il fallait faire un carton. J’ai fait une première oeuvre où j’ai dessiné moi-même le carton, c’était très moche mais je l’ai fait. La deuxième était beaucoup plus aboutie, c’était une inspiration de femmes africaines sur une brochure de “Nouvelles Frontières”.
Mon inspiration sur le thème des migrants est venue beaucoup plus tard, avec les Roms déplacés, expulsés, malmenés et  mal-aimés. Une oeuvre, pour moi, c’est à peu près 9 mois de travail. Les expositions, c’est tout nouveau pour moi, je suis resté très longtemps en solitaire à tisser, mais le moment de partager est venu."

Nous ne manquerons pas de vous avertir quand le Studiolo ouvrira de nouveau ses portes, en attendant, vous pouvez admirer le travail de l'artiste...

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Les tapisseries de Mark Russel au Studiolo de Moret

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