Conférence sur l'archéologie de la Grande Guerre

CONFÉRENCE ET EXPOSITION SUR "L'ARCHÉOLOGIE
DE LA GRANDE GUERRE"

Conférence sur l'archéologie de la Grande Guerre

Première étape des nombreuses commémorations à venir,  cette conférence sur l'archéologie de la Grande Guerre au Centre Culturel de Moret. Deux infos marquantes : encore 800 ans de déminage et 700.000 hommes n'ont pas été récupérés.

Le centre culturel de Moret-sur-Loing a accueilli le samedi 13 octobre, la conférence « l’archéologie de la Grande Guerre», présidée par François Deysson et animée par M. Prilaux, archéologue. Une exposition sur ce thème était installée au pourtour de la salle.
Cet événement ouvrait le cycle des commémorations du Centenaire de l’Armistice sur la communauté de communes Moret Seine et Loing. De nombreux villages, des associations, des chercheurs, des artistes, des élèves, des bénévoles, surtout, se sont mobilisés pour construire, ensemble, un panel de manifestations commémoratives originales à destination de tous les publics.

François Deysson, coordinateur des nombreuses manifestations sur le centenaire de l’Armistice pour la Communauté de Communes :
«J’ai le plaisir et l’honneur de recevoir  M. Prilaux, un archéologue réputé qui va nous présenter une réalité de la première guerre mondiale par le prisme de la vie de nos valeureux ou malheureux poilus dans les tranchées.
Au cours de nombreuses fouilles préventives, sur les anciens champs de batailles, vous avez pu, avec vos équipes, mettre à jour de nombreuses  traces de la réalité des tranchées et, de facto, la réalité du quotidien des soldats de toutes nationalités qui les occupaient, souvent à tour de rôle.
700 000 cadavres seraient encore ensevelis sous nos terres, 8 siècles seraient nécessaires pour éliminer l’ensemble des obus dont de nombreux non éclatés dans nos champs.
Toujours est-il qu’au-delà de ces chiffres, votre propos, ce soir, va faire revivre tous ces jeunes hommes issus le plus souvent d’une vie très rurale et qui ont passé de longs mois dans les tranchées.
Que faisaient-ils, comment vivaient-ils ? Cher Monsieur Prilaux, je vous laisse la parole».

Exposition sur l'archéologie de la Grande Guerre

Zone impacté pendant la Grande Guerre

Gilles Prilaux est archéologue, ingénieur de recherche et adjoint scientifique et technique pour la région Nord-Pas de Calais à l’INRAP, spécialiste de la guerre 14-18.

Gilles Prilaux

« Je travaille depuis 30 ans dans la moitié nord de France, je suis d’abord spécialiste de la période gauloise et romaine, puis à partir de 1995, j’ai intégré la thématique de la Grande Guerre, comme une couche comme les autres. Il faut savoir qu’avant les années 90, les archéologues ne prenaient même pas la peine de s’intéresser aux vestiges de la Grande Guerre, pas de relevé, pas cartographiée, car c’était trop récent. J’ai été un des premiers à intégrer cette période.
Je vais dérouler ce soir, deux trois thématiques principales, d’abord ce qui va être lié à la dangerosité car c’est une couche comme les autres mais dangereuse voire très dangereuse. Il faut savoir qu’il reste environ entre 150 à 200 millions d’obus non explosés sur le champ de bataille, soit encore 800 ans de déminage. Nous, c’est dans notre ADN, quand on fait une fouille dans une région, on découvre des quantités parfois très importantes de munitions.
Et le deuxième axe, c’est la gestion de la mort de masse, puisque à la minute où je vous parle, il reste encore 700.000 hommes sur le champ de bataille, qui n’ont jamais été récupérés à l’issue des combats. Du coup là encore, dès qu’on fait un trou quelque part en Picardie, en Nord-Pas-de-Calais ou en Artois, on va découvrir des corps, plus ou moins bien conservés, parfois très très bien conservés, qui vont très bien témoigner de l’absurdité et l’impossibilité pour les troupes de gérer ces morts de trop grosse quantité. On va essayer de faire feu de tout bois et c’est que je vais dérouler ce soir, ce sont des thématiques graves.
Avec un petit peu de vie quotidienne et aussi tout ce qui est lié aux traces dans les souterrains de notre région, parce que là, on a vraiment un potentiel patrimonial hors du commun. Ce n’est pas la vue de l’historien, je suis archéologue, donc je vais présenter à quoi ressemble le champ de bataille aujourd’hui  quand on soulève la couverture. Ce champ de bataille qui semblait très effacé mais qui est encore très présent, pour les gens qui sont en dehors du front, c’est parfois un véritable choc ».

Conférence et exposition sur « l’archéologie de la Grande Guerre» à Moret

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